Un public « exogroupe » ne fera pas confiance à une psychologie « endogroupe » progressiste

ÉTUDES · ROYAUME-UNI · CURRENT OPINION IN PSYCHOLOGY
Travis Proulx (université de Cardiff, School of Psychology)
Article original publié dans Current Opinion in Psychology, 2026, 70:102316. DOI : 10.1016/j.copsyc.2026.102316. Mis en ligne le 28 avril 2026. © 2026 l’auteur. Publié par Elsevier Ltd. Article en libre accès sous licence CC BY 4.0. Traduction française : OPS.
Résumé
Le progressisme identitaire est devenu le visage public de la science psychologique institutionnelle. En masquant la diversité des perspectives qui traversent notre discipline, ces expressions univoques ont deux conséquences en matière de confiance : elles renforcent la confiance « endogroupe » au sein d’une cohorte militante progressiste de notre science, tout en suscitant la méfiance d’un public « exogroupe » qui, dans son écrasante majorité, ne partage pas ses vues. Étant donné le rôle prédominant des contribuables dans le financement de nos recherches, il y a lieu de s’inquiéter que le corps électoral puisse légitimement percevoir notre science comme mettant en avant des visions militantes de ce qui devrait être plutôt que les complexités empiriques de ce qui est. Garantir la confiance du public supposera de renouer avec une humilité intellectuelle persuasive et de renoncer au vocabulaire identitaire et à la pédagogie du modèle du déficit qui caractérisent aujourd’hui nos messages adressés au public.
En 2012, Yoel Inbar et Joris Lammers ouvraient leur article de Perspectives on Psychological Science intitulé « Political Diversity in Social and Personality Psychology » [1] par une anecdote : un an plus tôt, lors d’une allocution au congrès de la Society for Personality and Social Psychology (SPSP), le psychologue social Jon Haidt avait demandé aux participants politiquement conservateurs de lever la main. Selon son estimation, 3 personnes seulement, sur un auditoire d’environ 1 000, s’étaient senties à l’aise pour se déclarer. Intrigués, les auteurs de l’article avaient diffusé une enquête sur la liste de diffusion de la SPSP : 90 % des psychologues sociaux répondants se déclaraient « libéraux » (plutôt que « modérés » ou « conservateurs ») sur les questions de société. Les répondants reconnaissaient également que leurs orientations idéologiques biaiseraient négativement leurs évaluations par les pairs et leurs décisions de recrutement à l’égard de collègues conservateurs, le degré de discrimination ainsi concédé étant prédit par l’intensité de l’auto-identification libérale.
Que s’est-il passé depuis ?
Un nouveau clivage
Après la crise financière de 2008, la visibilité des progressistes identitaires au sein de la gauche idéologique avait commencé à croître (par exemple les Progressive Activists : « plus jeunes, très engagés, séculiers, cosmopolites, en colère ») [2]. Après la victoire électorale de Trump en 2016, les politologues ont écarté le mouvement, y voyant « une sorte de panique morale autour de l’identité raciale, de genre et sexuelle », simplement expressif (plutôt que persuasif), incapable de gagner des élections (quoique capable d’en faire perdre) et probablement sans lendemain [3]. Son impact social allait pourtant s’accélérer de façon spectaculaire au cours de l’été 2020, quand les images du meurtre de George Floyd ont coïncidé avec le texte fédérateur How to be an Antiracist [4]. Nombre de membres de la communauté de la science psychologique ont adopté les vocabulaires militants correspondants. L’American Psychological Association s’est désormais assigné un rôle dans le « démantèlement du racisme systémique » [5], par des « efforts antiracistes systémiques » [6]. Ce basculement a mis au jour des divisions au sein de communautés psychologiques largement ancrées à gauche. De nombreux membres de l’APA ont démissionné [7], à la suite de démissions de la direction de la Society for Research in Child Development [8]. Des rédacteurs en chef ont démissionné des revues phares (Child Development et Child Development Perspectives) [9]. Les plaintes se sont multipliées : les perspectives scientifiques « universalistes » (par opposition à identitaires) étaient réduites au silence, avec des difficultés à publier des recherches sur l’indifférence à la couleur de peau [10] (par opposition à une diversité imposée) ou sur la psychologie évolutionniste à fondement biologique [11].
Lorsqu’un article soutenant les soubassements biologiques de l’identité de genre a été rétracté des Archives of Sexual Behavior, des lettres ouvertes ont proclamé leur soutien à la décision initiale de publier [12], face à des appels à la révocation du rédacteur en chef [13]. Des lettres antagonistes ont également suivi la destitution du rédacteur en chef de Perspectives on Psychological Science, à la suite d’accusations de biais racial : une lettre a dénoncé ce limogeage [14] tandis qu’une autre réclamait que le « comité DEI » de la revue « traite le racisme et les dimensions intersectionnelles de l’exclusion dans l’ensemble de la société », suivi d’une « formation de remédiation de tous les rédacteurs à l’éthique éditoriale et à l’antiracisme » [15]. Ces positions trouvent aujourd’hui un écho dans la British Psychological Society, qui met l’accent sur « l’intersectionnalité » dans la promotion de « l’égalité, la diversité, l’inclusion et l’antiracisme » [16].
Désormais omniprésent, l’antiracisme est apparu pour la première fois sur le site du congrès annuel de la SPSP à l’été 2020, assorti de l’obligation que les soumissions comportent des déclarations de diversité, d’équité et d’inclusivité [17]. En 2022, Jon Haidt a publiquement démissionné de la SPSP en raison de ce qu’il percevait comme un contrôle idéologique [18]. L’année suivante, Yoel Inbar a fait la une de la presse internationale [19] après le rejet de sa candidature à un poste universitaire à l’UCLA, à la suite d’une lettre de protestation signée par des doctorants en psychologie [20]. Militant de gauche assumé et défenseur de la DEI, Inbar avait néanmoins animé un podcast mettant en question l’efficacité des déclarations DEI [21]. De plus, les étudiants signataires jugeaient « profondément troublant d’apprendre qu’il ne croit pas que l’identité … ait une incidence sur [ses] questions de recherche ».
Sans aucun doute, nombre des contributions de ce numéro spécial sur la « confiance dans la science » déploreront les biais cognitifs qui conduisent le public à écarter nos résultats comme idéologiquement contaminés (j’ai d’ailleurs coécrit l’une d’elles). Nous pouvons toutefois aussi revenir sur 6 années de pédagogie identitaire adressée au public, avec des appels à « dire les choses telles qu’elles sont » sous peine de devenir « une discipline d’étude sans pertinence » [22]. Quelles sont les conséquences du fait d’exprimer des vues progressistes comme des vérités univoques, institutionnellement imposées au sein de notre science ? Une recension récente de Rios et al. [23] rejoint les conclusions des politologues : le renoncement à la persuasion publique. Les représentations univoques de la réalité ne sont pas persuasives, pas plus que les arguments déséquilibrés qui s’ensuivent, en particulier auprès des publics très diplômés [24]. Les « modèles du déficit » de communication, exprimés sous forme de pédagogie de remédiation, véhiculent une appréciation des vues d’autrui comme intrinsèquement mal informées, voire pathologiques, ce qui cultive en retour la réactance psychologique [25]. À l’inverse, l’engagement délibératif avec d’autres points de vue véhicule une humilité intellectuelle, qui cultive la confiance du public.
De fait, des décennies de science psychologique étayent le pouvoir persuasif de l’humilité intellectuelle [23], tandis que le meilleur prédicteur de la confiance scientifique est la réduction de la distance psychologique vis-à-vis d’un public [26]. Pourquoi, dès lors, nos institutions tournées vers le public adopteraient-elles un « modèle du déficit » maximalement distanciant, exprimant un progressisme identitaire par définition clivant ? Peut-être ces messages ne sont-ils pas destinés à s’adresser à un public du tout. Ils viseraient plutôt une délimitation délibérée des points de vue du public « exogroupe », destinée à renforcer la confiance « endogroupe » au sein d’une « tribu » identitaire étroite [2]. Bien qu’essentielle à la coordination de l’influence minoritaire sur les points de passage obligés institutionnels [27], cette stratégie militante est en définitive contre-productive lorsqu’elle réussit à s’aliéner le public « exogroupe » qui finance nos institutions.
Un « endogroupe » militant
Les scientifiques présentent une image de ce qui est, tandis que les militants expriment des visions de ce qui devrait être. Ces visions s’enracinent typiquement dans les humanités universitaires. Aux États-Unis, Black Lives Matter puise largement dans les travaux juridiques sur la théorie critique et l’intersectionnalité [28]. Au Royaume-Uni, les manifestations visant des statues controversées se fondent sur l’analyse postcoloniale [29]. Si les scientifiques sont eux aussi guidés par des idéaux personnels, empirisme et militantisme demeurent distincts et contradictoires : envisager des éventualités s’oppose à l’action immédiate (Hamlet peut en témoigner). Dans une anecdote souvent citée [30], le président américain Harry Truman consulte une équipe d’économistes pour s’orienter en matière de politique budgétaire. En tant que spécialistes des sciences sociales, ils visent à présenter une évaluation exacte des réalités conflictuelles et des options possibles : « D’un côté… de l’autre côté… » Exaspéré, Truman réclame un « économiste manchot ! ». De fait, les données des sciences sociales impliquent une monstruosité lovecraftienne aux bras multipliés. Elles nous entraînent dans un monde de niveaux et de multi-causalité se manifestant au sein de modèles complexes d’interactions et d’objets d’étude mouvants [31]. Les « origines de l’inégalité » sont-elles structurelles ou agentielles ? Des générations d’étudiants de premier cycle en sciences sociales ont été exaspérées par la réponse de leurs professeurs : « Eh bien, cela dépend… »
Les guides de l’action immédiate exigent des principes univoques qui dissipent le conflit d’objectifs. C’est pourquoi les analyses complexes des sciences sociales sont réduites à des textes « manchots » par les mouvements idéologiques. C’est pourquoi Le Capital de Marx (1867) devient Que faire ? de Lénine (1902), ou La Dialectique de la raison d’Adorno et Horkheimer (1944) devient How to be an Antiracist de Kendi (2020). Les textes « manchots » fournissent aussi des signifiants partagés qui nourrissent la confiance endogroupe requise pour l’action collective. En tant que scientifiques, nous connaissons bien ces principes organisateurs. Thomas Kuhn a mis au jour notre tendance à nous auto-organiser en cohortes paradigmatiques de jargon qui communiquent l’accord sur des objectifs de recherche partagés, tout en aliénant ostensiblement les exogroupes paradigmatiques [32]. En incorporant des signifiants militants identitaires dans les programmes de recherche (antiracisme, décolonisation, équité, intersectionnalité…), les psychologues progressistes dérivent naturellement vers les cadres interprétatifs (des « théories » par opposition aux théories falsifiables [33]) formulés par leurs collègues des humanités universitaires pour communiquer les normes symboliques qui renforcent leur confiance endogroupe (théorie critique, théorie critique de la race, théorie postcoloniale, théorie du genre…).
Si l’érudition scientifique accumulée pointe vers les origines complexes de l’inégalité, nos communications institutionnelles déclarent l’affaire entendue : il s’agit d’oppression structurelle, que notre science va systématiquement démanteler par l’intersectionnalité. Le public a historiquement eu des vues plus complexes de l’inégalité, le remède entendu étant l’élection de partis politiques de gauche par un vote populaire [34] ; ce remède a aussi été une aubaine pour le financement des sciences sociales [35]. Pour évaluer le risque d’aliéner le soutien du public par notre message militant identitaire, il nous faut demander : dans quelle mesure le corps électoral devient-il l’« exogroupe » d’une psychologie « endogroupe » progressiste ? La réponse dépend de la façon dont les militants progressistes et le public se perçoivent mutuellement.
Un public « exogroupe »
La fondation More in Common (MIC) [2] a documenté une décennie de division idéologique à travers l’Occident. S’étendant sur le spectre gauche-droite, les « tribus » politiques sont d’autant plus populistes qu’elles résident loin du centre idéologique. Aux États-Unis, les Devoted Conservatives (MAGA) sont les plus à droite et les Progressive Activists les plus à gauche. Par rapport aux Traditional Liberals, les Progressive Activists déclarent une focalisation singulière sur l’identité distinctive et une intolérance envers les autres « tribus ». S’ils surestiment systématiquement la prévalence de leurs propres vues (par exemple le soutien à l’autodétermination de genre pour les mineurs [36]), les progressistes demeurent une part notablement faible du public. Aux États-Unis, Pew constate que 9 % se déclarent largement progressistes [37], tandis que MIC trouve 8 % [2], la plus petite cohorte de gauche. Au Royaume-Uni, MIC trouve 12 % [38], une cohorte bien plus encline à écarter les vues sociales dissidentes comme nuisibles, produit de la manipulation médiatique et indignes du débat démocratique. Ils sont les plus enclins à éviter ceux qui expriment ces vues, même lorsque des coalitions permettraient de faire avancer des objectifs communs. Leur tendance à se montrer « plus dédaigneux du rôle de l’opinion publique ou de la nécessité de rechercher un soutien public pour mettre en œuvre le changement » explique leur manque de foi dans les institutions publiques et leur préférence pour un militantisme coercitif [36].
Ces qualités rapportées des Progressive Activists, distinctes de celles des autres composantes de la gauche, convergent avec nos propres recherches. Nous avons mis au point la Progressive Values Scale (PVS) [39] pour évaluer ce schisme au sein de la gauche, et constaté que le soutien à des organisations progressistes (par exemple Black Lives Matter), à des responsables politiques américains (par exemple Alexandria Ocasio-Cortez) et à des positions politiques (par exemple « defund the police ») est associé à quatre facteurs généraux inhérents à la perspective progressiste actuelle : 1) une préférence pour une diversité imposée dans les cadres organisationnels, 2) un dédain pour le recours aux institutions existantes afin de produire le changement social, 3) la préoccupation que l’appropriation culturelle néglige les inégalités identitaires, et 4) des appels à la censure publique de ceux qui expriment des vues nuisibles. Si les facteurs de la PVS sont associés à une empathie accrue et à des perspectives éthiques bienveillantes, ils sont aussi associés à un sentiment de privilège épistémique sur les exogroupes idéologiques. Cette tendance se reflète dans la représentation singulièrement attrayante qu’ils produisent des libéraux endogroupes (par opposition aux libéraux traditionnels) et dans les représentations singulièrement ataviques qu’ils produisent des conservateurs exogroupes. Ces représentations systématiquement négatives s’étendent aux dissidents endogroupes de gauche : progressistes et libéraux traditionnels produisent ainsi des représentations entièrement divergentes, négatives et positives, de l’autrice J. K. Rowling, bien que les deux groupes de gauche désapprouvent les positions critiques du genre [40].
Si les militants progressistes préfèrent le dénigrement à l’engagement persuasif, produire le changement social désiré exigerait un pouvoir coercitif considérable sur la majorité publique « exogroupe » dissidente. Dans la mesure où les psychologues « endogroupes » militants progressistes le reconnaissent, ils ont pu redoubler d’efforts pour imposer un consensus apparent au sein de nos institutions [41]. De là, peut-être, pourront-ils traiter les déficits des valeurs publiques depuis une position de légitimité apparente. Une réserve immédiate s’impose toutefois à cette stratégie : les humanités universitaires ; ce vivier de l’analyse identitaire connaît un déclin des inscriptions et un rétrécissement de l’influence publique depuis des décennies [42].
La politique électorale occidentale amplifie les mises en garde selon lesquelles le public rejette systématiquement la pédagogie progressiste identitaire. Sans points de passage obligés à contrôler, les militants progressistes restent décontenancés par le suffrage universel ; c’est la droite identitaire-populiste qui connaît un retour en force robuste. Faisant campagne, en partie, sur des plateformes visant à combattre le militantisme progressiste au sein des sciences sociales, les populistes de droite mènent actuellement les sondages en Europe occidentale [43], tandis que Donald Trump a été réélu président des États-Unis après avoir remporté le vote populaire [44]. À l’inverse, des mouvements de gauche éminents ont retrouvé le succès en se détachant du progressisme identitaire (par exemple le Parti libéral du Canada en 2025 [45]). Même des candidats largement progressistes ont pris leurs distances avec l’esprit de l’« été 2020 » : le site de campagne du maire de New York Zohran Mamdani proposait des engagements en faveur du socialisme démocratique, mais aucune mention d’antiracisme, d’intersectionnalité, de pronoms choisis, ni d’engagements à décoloniser les institutions publiques [46].
Reconnaître publiquement que « cela dépend »
Quelle direction la science psychologique doit-elle prendre ? D’un côté, nous déplorons les rejets publics partisans de notre science, en tant que dictés par des engagements idéologiques étroits [47]. De l’autre, nous laissons nos communications scientifiques être dictées par des engagements idéologiques étroits [48]. Les psychologues savent que la confiance du public diminue à mesure que les orientations idéologiques manifestes divergent des siennes [23]. Nous savons aussi que le militantisme progressiste au sein de notre science représente des vues qui divergent de celles d’environ 90 % du public occidental, y compris de la plupart des personnes de gauche [2]. De façon alarmante, alors qu’environ 90 % du financement de la recherche provient en définitive d’un public [49] dont l’enthousiasme pour le financement de la recherche scientifique décroît avec la distance sociale perçue vis-à-vis des scientifiques [26], les institutions culturelles occidentales s’éloignent de l’identitarisme monomaniaque et renouent avec l’humilité intellectuelle consistant à reconnaître que cela dépend. Les rejoindrons-nous pour échapper à ce « piège identitaire » [50], ou plongerons-nous dans un « été sans fin 2020 » ? Cela dépend de ce que nous croyons que notre science devrait être.
Contribution de l’auteur
Cet article a été écrit dans son intégralité par le premier et unique auteur.
Déclaration de liens d’intérêts
L’auteur déclare n’avoir aucun intérêt financier concurrent connu ni aucune relation personnelle susceptible d’avoir influencé les travaux rapportés dans cet article.
Remerciements
Merci au Pr Geoff Haddock pour ses retours sur les versions préparatoires de ce manuscrit.
Disponibilité des données
Aucune donnée n’a été utilisée pour la recherche décrite dans cet article.
Références
Les références d’un intérêt particulier sont signalées par un astérisque (intérêt particulier) ou deux astérisques (intérêt exceptionnel).
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Précisions sur les références d’un intérêt particulier
[23] Une recension de l’état actuel de la confiance du public dans la science, avec un accent sur les sciences sociales et la psychologie. Si la confiance du public augmente et diminue selon que les engagements idéologiques perçus des scientifiques s’alignent ou non sur les siens, la recension présente des éléments montrant que ces écarts peuvent être réduits si les engagements idéologiquement contestables sont communiqués avec humilité intellectuelle, plutôt que comme une « vérité » correctrice.
[26] Cet article présente des données multinationales reliant le scepticisme scientifique à la distance psychologique entre le public et le chercheur scientifique. Une composante centrale est la proximité sociale, le sentiment que la recherche a été menée par des personnes semblables à soi et abordables. Dans 2 études, une perception accrue de distance sociale vis-à-vis des scientifiques était corrélée à un moindre soutien au financement de la science.
[36] Ce rapport de recherche de la fondation More in Common présente l’instantané le plus actuel des Progressive Activists, l’une des 7 « tribus » idéologiques du Royaume-Uni. Le rapport décrit les croyances qui les distinguent des autres cohortes, en insistant sur la position excentrée de nombre de leurs positions de politique sociale, et émet des conjectures sur l’incongruité entre la force de ces croyances et leur impact culturel déclinant au cours de la dernière décennie.
[39] Cet article présente la Progressive Values Scale (PVS), utilisable pour évaluer le schisme gauche-gauche entre les attitudes progressistes (militantisme libéral identitaire) et libérales traditionnelles (institutionnalisme libéral de consensus). Si l’échelle prédit et distingue les attitudes sociales de gauche et les préférences politiques, elle est distincte des mesures de l’autoritarisme de gauche.
[40] Proulx et al. (2023) avaient démontré que les progressistes, par opposition aux libéraux traditionnels, produisent des représentations relativement négatives des exogroupes conservateurs. Dans la présente recherche, progressistes et libéraux traditionnels produisent des représentations négatives d’un dissident endogroupe de gauche hypothétique exprimant des positions critiques du genre. Toutefois, lorsque la cible du jugement est l’autrice critique du genre J. K. Rowling, les libéraux traditionnels produisent des représentations divergemment positives, en dépit de ses positions, ce qui suggère qu’ils tiennent compte de davantage de facteurs dans ce type de jugement social.
Traduction française réalisée par l’Observatoire La Petite Sirène (OPS) à partir de l’article original de Travis Proulx, publié en libre accès sous licence CC BY 4.0. Article original : doi.org/10.1016/j.copsyc.2026.102316.


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