Étude des issues cliniques de la dysphorie de genre chez les adolescents et jeunes adultes (video)
- La Petite Sirène

- 11 janv.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 janv.
Dr Lisa Littman | 12 octobre 2025
Dans cette présentation majeure, la médecin-chercheuse Dr Lisa Littman présente les résultats de The Adolescent and Young Adult Gender Dysphoria Outcomes Study, une recherche novatrice qui examine ce qu’il advient des jeunes après avoir engagé, interrompu ou inversé une transition de genre.
S’appuyant sur des données approfondies et des témoignages de patients, la Dr Littman analyse l’évolution de la détresse dans le temps, les facteurs conduisant au regret ou à la détransition, et explique pourquoi une approche véritablement fondée sur les preuves en médecine du genre doit intégrer les résultats à long terme.
Enregistré lors de la conférence The Bigger Picture, tenue les 27 et 28 septembre 2025 à Albuquerque, Nouveau-Mexique.
La Dr Lisa Littman est une pionnière de la recherche sur la dysphorie de genre à apparition rapide (ROGD) et occupe les fonctions de présidente et directrice du Gender Dysphoria Institute. Ses travaux sur la détransition et l’expérience des patients ont structuré le débat international, influençant à la fois les politiques publiques et les pratiques cliniques. Elle conseille également des organisations engagées dans la fourniture de soins complets fondés sur des données probantes.
Transcription
Si vous souhaitez en savoir plus, notre site internet est indiqué ci-dessous, et il y a également un QR code qui vous mènera directement vers le site.
Alors, qu’est-ce que cette étude ? Nous essayons de recruter des participants de différentes manières. Nous contactons des thérapeutes, des groupes de soutien de parents — plusieurs de ces groupes ici présents nous ont beaucoup aidés — et nous avons également contacté des listes professionnelles. Nous faisons aussi du recrutement de personne à personne. Nous utilisons des publicités sur les réseaux sociaux, et les parents participants peuvent inviter leur enfant, tandis que les jeunes participants peuvent inviter leurs parents.
Nous recherchons des jeunes présentant une dysphorie de genre âgés de 13 à 21 ans, ainsi que leurs parents. Par « dysphorie de genre », il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic médical. Nous utilisons la définition la plus large possible. Il y a un astérisque concernant l’âge, car nous sommes actuellement en train d’obtenir l’autorisation d’augmenter l’âge limite supérieur à 25 ans.
Les critères d’éligibilité incluent le fait d’être anglophone. Nous sommes autorisés à recruter et à inclure des participants dans 36 pays différents, qui sont listés dans la section « questions fréquentes » de notre site.
La procédure est la suivante : les participants remplissent un questionnaire en ligne au moment de l’inclusion, puis il y a des questionnaires de suivi environ une fois par an pendant au moins cinq ans. Nous voulons savoir comment les choses évoluent dans le temps, avoir un bon historique, et suivre ce qui se passe sur plusieurs années.
Voici le calendrier. Le X indique où nous en sommes actuellement. Nous sommes à un an. Cela fait environ un an que nous recrutons, que nous incluons des participants et que nous collectons des données à partir des questionnaires de base. Nous poursuivons le recrutement et les questionnaires initiaux, et nous allons bientôt commencer les questionnaires de suivi à un an, puis continuer chaque année.
Que contient le questionnaire ? Je ne vais en montrer qu’une partie, car il est assez long. Nous posons des questions sur l’historique de l’expression de la dysphorie de genre, sur l’enfance, sur les symptômes durant l’enfance, sur l’identité. Nous posons des questions sur la santé mentale, les relations familiales, les relations avec les pairs et les réseaux sociaux, ainsi que sur le statut de transition.
Notre processus de recrutement est progressif et ciblé. Nous nous intéressons à des familles ayant une grande diversité de croyances concernant la dysphorie de genre et la transition, ce qui est assez inhabituel dans ce domaine. Au cours de l’année écoulée, nous avons consacré l’essentiel de nos efforts à des parents que l’on pourrait qualifier de prudents ou sceptiques vis-à-vis de la transition. Nous avons travaillé avec des groupes de soutien de parents, des thérapeutes, et des organisations comme GenSpec.
Ensuite, nous souhaitons également recruter des parents ayant des positions plus neutres, ainsi que des parents plus favorables ou enthousiastes vis-à-vis de la transition, ainsi que des jeunes. Pour cela, nous utiliserons des publicités ciblées sur Facebook, Instagram, Reddit et Google, avec des messages adaptés aux différents publics que nous cherchons à atteindre.
Concernant l’avancement de l’étude : comme je l’ai mentionné, nous sommes à un an. À ce jour, nous avons 397 questionnaires de parents complétés et 36 questionnaires de jeunes. Je ne l’avais pas précisé auparavant, mais nous essayons d’obtenir autant de binômes parent-enfant que possible, car nous pensons que c’est la meilleure manière d’avoir une image complète de ce qui se passe. Nous nous attendions à avoir plus de parents que de jeunes participants, mais pas à une différence aussi marquée.
Les 36 jeunes participants actuels sont principalement des jeunes qui ont été invités par leurs parents. À chaque point de suivi, les parents sont à nouveau invités à proposer la participation à leur enfant, et inversement.
Nous allons bientôt commencer les questionnaires de suivi à un an. Avant de passer aux données, je veux insister sur deux points de prudence. Premièrement, il s’agit de résultats intermédiaires. Les résultats sont susceptibles de changer, car il s’agit d’une description très précoce d’un sous-ensemble de participants. À mesure que nous inclurons des familles issues de contextes différents, les réponses pourraient être très différentes.
Deuxièmement, le langage et les termes autour de ce sujet sont extrêmement politisés. Il est pratiquement impossible de trouver des termes qui conviennent à tout le monde, d’autant plus que nous nous adressons à des personnes ayant des perspectives très différentes. Certaines formulations peuvent donc différer de celles auxquelles vous êtes habitués. Nous avons surtout cherché à être compris, et je vous remercie pour votre patience à ce sujet.
Ce que je vais vous présenter maintenant provient des questionnaires remplis par les parents. Les parents répondants sont majoritairement des femmes, donc essentiellement des mères. Ils sont majoritairement blancs et principalement originaires des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et de l’Australie.
Nous avons demandé aux parents s’ils pensaient que les personnes trans sont généralement plus heureuses si elles changent de sexe. Soixante-dix-sept pour cent ont répondu non, et vingt-trois pour cent ont répondu « pas sûr ». Nous leur avons ensuite demandé s’ils pensaient que les personnes trans sont généralement lésées si elles changent de sexe. Soixante-dix-neuf pour cent ont répondu oui, dix-huit pour cent « pas sûr », et trois pour cent non.
Je trouve ces résultats très intéressants et importants, tout en rappelant qu’ils reflètent la population actuellement recrutée. Je m’attends à ce que les réponses évoluent lorsque nous inclurons des parents issus d’autres communautés. Je demande également que ces diapositives ne soient pas partagées sur les réseaux sociaux à ce stade.
Concernant les jeunes décrits par les parents : 68 % sont de sexe féminin et 32 % de sexe masculin. Nous travaillons activement à documenter les expériences des filles et des garçons, notamment en collaborant avec des groupes de parents de garçons présentant une dysphorie de genre.
L’âge moyen au moment du questionnaire initial est de 18 ans pour les filles et de 19 ans pour les garçons. La tranche d’âge couverte est bien de 13 à 21 ans.
Nous avons également examiné le moment d’apparition de la dysphorie de genre. Quatre-vingt-seize pour cent des parents indiquent une apparition pendant ou après la puberté, ce qui correspond à une dysphorie à début tardif. L’âge moyen d’apparition est de 14 ans pour les filles et de 15 ans pour les garçons. Au moment de l’entrée dans l’étude, les jeunes vivaient avec une dysphorie de genre depuis en moyenne quatre ans.
Les troubles de santé mentale sont très fréquents. Les plus courants sont les troubles anxieux généralisés, le TDAH, les troubles dépressifs majeurs et les troubles du spectre autistique. D’autres troubles incluent l’anxiété sociale, les troubles spécifiques des apprentissages, l’anorexie et le trouble obsessionnel compulsif.
Concernant le statut de transition au début de l’étude : chez les filles, 87 % ont porté un binder, 2 % ont pris des bloqueurs de puberté, environ un quart ont pris de la testostérone et 3 % ont subi une mastectomie. Chez les garçons, 30 % ont porté des prothèses mammaires, 9 % ont pris des bloqueurs de puberté, plus de la moitié ont pris des œstrogènes et aucun n’a subi d’augmentation mammaire.
Nous nous intéressons beaucoup aux relations entre les jeunes et leurs parents. Près de 60 % des parents décrivent une relation proche ou très proche avec leur enfant. Vingt-quatre pour cent décrivent une relation ni proche ni distante, onze pour cent une relation distante ou très distante, et six pour cent sont en situation de rupture relationnelle.
Nous avons également demandé dans quelle mesure les parents et leur enfant étaient d’accord sur la manière de procéder. Il y a nettement plus de désaccord que d’accord. Seuls 7 % déclarent un accord modéré ou fort sur les étapes à suivre. Nous avons aussi demandé si la dysphorie de genre avait provoqué des conflits émotionnels entre eux, et la majorité rapporte des conflits importants ou modérés.
Pour la suite, nous allons continuer le recrutement, l’inclusion et la collecte de données. Si vous êtes intéressés pour participer, vous pouvez me retrouver pendant les pauses, et je pourrai vous expliquer très simplement comment commencer. Si vous êtes en contact avec des personnes potentiellement éligibles, n’hésitez pas à me contacter également. Le QR code est ici.
Je tiens enfin à remercier mes collègues, le Dr Michael Bailey et le Dr Kenneth Zucker, ainsi que nos donateurs, notamment le Santa Fe Boys Fund. Je remercie aussi GenSpec, à la fois pour l’invitation et pour l’aide au recrutement, ainsi que l’ensemble des participants. J’ai laissé du temps pour les questions.





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