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Mineurs transidentifiés : le vrai et le faux par l’Observatoire la Petite Sirène

Bloqueurs de puberté, clinique Tavistock, transphobie… Engagé sur la question de la transidentité chez les mineurs, le collectif de praticiens fait une mise au point sur ses positions


En France, la sénatrice LR du Val-d’Oise, Jacqueline Eustache-Brinio a annoncé la création d’un groupe de travail sur la transidentification des mineurs et la HAS (Haute Autorité de Santé) organise un groupe de travail sur les recommandations concernant les personnes trans (à partir de 16 ans).

En Angleterre, la NHS (service de santé britannique) vient de faire savoir qu’elle limitait l’utilisation de bloqueurs de puberté aux enfants inscrits à des essais cliniques en indiquant qu’"il n’y a pas suffisamment de preuves pour soutenir leur sécurité ou leur efficacité clinique en tant que traitement couramment disponible".

Par ailleurs, un grand congrès en Finlande a réuni des experts internationaux qui préconisent une révision des protocoles concernant la prise en charge des mineurs transidentifiés.


C’est pour l’Observatoire la Petite Sirène l’occasion de faire le point sur les questions les plus fréquentes que nous recevons, compte tenu des données scientifiques et/ou juridiques actuelles.


Les effets des bloqueurs de puberté sont réversibles : vrai et faux


Les médecins qui prescrivent des bloqueurs de puberté pour les mineurs transidentifiés, hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) affirment leur innocuité et réversibilité totale. Des études récentes et encore en cours pointent cependant les effets secondaires pas toujours réversibles non seulement osseux (ostéoporose) mais aussi neurocognitifs, sexuels ainsi que des risques sur la fertilité future.

Cette prescription se fait lorsque le jeune présente une souffrance psychique importante attribuée aux transformations corporelles en train d’apparaître. Or, la puberté ne se résume pas aux modifications corporelles. Ces produits sont administrés lorsque la puberté est débutante (stade 2 de Tanner) soit en moyenne entre 11 et 13 ans, parfois plus tôt, et pendant plusieurs années.

Comme leur nom l’indique, ils bloquent la survenue des caractères sexuels secondaires. Chez les filles, les seins, les poils, les règles ; chez les garçons, la croissance du pénis, les poils, la mue de la voix, et dans les deux sexes, le pic de croissance. Mais ils bloquent également toute la maturation psychologique.

Il est vrai que le blocage des caractères sexuels secondaires est réversible à l’arrêt du traitement. Mais il est faux de s’en tenir là. En dehors des effets secondaires déjà décrits, et en l’absence d’études sérieuses, on ne connaît pas les conséquences sur le cerveau et le psychisme de ce blocage artificiel des transformations psychiques de la puberté sur un sujet par ailleurs sain. Ces bloqueurs sont présentés comme une "solution d’attente" pour se déterminer ultérieurement ; on sait aujourd’hui que dans la très grande majorité des cas, ils conduisent les jeunes à la prescription d’hormones croisées, généralement à partir de 16 ans.

A contrario, des études sérieuses montrent qu’avec une prise en charge psychologique sans prescription médicamenteuse, la très grande majorité de ces jeunes (80 à 90 %) se réconcilient avec leur sexe de naissance.


La Tavistock clinic a fermé son service dédié, le GIDS : vrai et faux


En juillet 2022, le National Health Service (NHS), le système de la santé publique du Royaume-Uni, publie un rapport rédigé par la pédiatre Hilary Cass, suivie par l’annonce de la fermeture au printemps 2023, du plus grand service pédiatrique mondial spécialisé dans la dysphorie de genre, le GIDS (Gender Identity Development Service) au sein de la Tavistock Gender Clinic (un des services de la Tavistock Clinic spécialisée pour les enfants, adolescents et familles).


Le GIDS restera finalement ouvert jusqu’en mars 2024. En attendant, plus de 8 000 jeunes attendent actuellement des soins ou sont pris en charge dans des solutions d’intérim. L’équipe de la Cass Review a déclaré qu’il y avait un consensus général sur le fait que le modèle actuel, au sein d’un service spécialisé unique en matière de genre, ne peut pas fournir des soins holistiques à des enfants et des adolescents en souffrance. Les nouvelles modalités de prise en charge sont en élaboration. Pour le moment, les hôpitaux qui vont former les nouveaux centres régionaux n’ont pas encore été choisis.


Les suicides sont plus fréquents chez les jeunes à qui on refuse un traitement médicamenteux : faux


"Si votre enfant ne fait pas de transition, il se suicidera" est un argument faux. Il sert souvent à précipiter le jeune dans une transition en faisant pression sur les parents lorsqu’ils émettent des réserves. Le slogan souvent entendu par les parents de filles est : "Voulez-vous une fille morte ou un garçon vivant ?".

Certaines études attribuent la baisse du risque suicidaire à la médicalisation de ces jeunes, ce qui représente une légitimation essentielle des traitements ; de ce fait, elles sont souvent citées par les médecins de genre. Pourtant, la méthodologie de ces études est critiquée car elles sont loin de remplir les critères de l’evidence-based medicine qui constituent les impératifs pour évaluer la qualité des travaux dans le domaine médical. En réalité, il y a peu de preuves permettant d’affirmer que la transition médicale diminue les taux de suicide et que les bloqueurs de puberté́ sont nécessaires pour prévenir le suicide.

Après la chirurgie de changement de sexe, une étude a montré que les adultes transgenres étaient 4,9 fois plus susceptibles d’avoir fait une tentative de suicide et 19,1 fois plus susceptibles d’être décédés par suicide, après ajustement pour une comorbidité psychiatrique antérieure. De même, un article australien notait que de nombreux patients avaient de mauvais résultats concernant leur transition, ce qui les exposaient au risque de suicide.


La transition sociale est réversible : vrai et faux


On appelle "transition sociale" le fait de se déclarer du genre ressenti et d’en adopter les attributs sociaux. Elle désigne tous les actes visant à affirmer socialement ou pour soi son identité de genre qui diffère de son sexe biologique (l’expression utilisée est "sexe assigné à la naissance" qui ne correspond pas à une définition scientifique mais militante). Cela implique de l’annoncer à son entourage ("coming out") et peut entrainer une demande de changement de prénom et pronom ainsi qu’un changement d’apparence physique (coiffure, vêtements).


Il est faux de penser que la transition sociale peut être totalement réversible puisqu’elle engendre une discordance entre l’apparence et le réel du corps, ce qui peut avoir pour conséquence d’aggraver la "dysphorie de genre" et de précipiter le jeune dans une transition médicale surtout s’il y est encouragé par des influenceurs sur les réseaux sociaux. Il est maintenant démontré que si le jeune est approuvé et encouragé à 100 % par son entourage sans laisser aucune place à une éventuelle ambivalence, il lui sera extrêmement difficile d’oser revenir en arrière s’il le souhaite. La transition sociale totalement approuvée par l‘entourage apparaît alors comme la première étape menant vers la transition médicamenteuse. C’est ce que les Suédois ont appelé le "trans train".


A l’école, l’autorisation des parents doit être requise pour le changement de prénom : vrai


En se référant à la circulaire Blanquer entrée en vigueur le 21 septembre 2021, les mineurs peuvent, avec l’accord de leurs représentants légaux, demander un changement de prénom à l’école. Il s’agit alors de veiller à ce que le prénom choisi soit utilisé par l’ensemble des membres de la communauté éducative, le respect de l’identité de genre d’un élève ne devant pas être laissé à la libre appréciation des adultes et des autres élèves.


L’autorisation des parents doit être requise pour tout traitement avant 18 ans : vrai


L’obtention du consentement du ou des titulaires de l’autorité parentale est obligatoire pour toute intervention médicale ou chirurgicale sur le mineur. Pour consentir à un soin, il faut pouvoir donner un consentement éclairé. Celui-ci passe obligatoirement par une information loyale, claire et appropriée.


La mammectomie (dite torsoplastie) est interdite chez les mineurs : faux


Il n’est pas interdit d’ôter les seins à des jeunes filles mineures sans pathologie somatique, bien que cela réponde à la définition d’une mutilation sur le plan médical. Ces opérations sont rares sans être exceptionnelles. La plus jeune opérée en France avait 14 ans. Elles sont pratiquées par des chirurgiens plasticiens à l’hôpital public ou en privé et peuvent être remboursées par la Sécurité Sociale après accord préalable sans même l’avis d’un psychiatre aujourd’hui, mais après autorisation parentale. Faut-il préciser que cette mutilation est irréversible.


La chirurgie de réassignation de sexe est interdite chez les mineurs : faux


Cette chirurgie dite "chirurgie du bas" n’est pas interdite chez les mineurs mais elle n’est pas pratiquée à ces âges (à notre connaissance). Dès 18 ans, des jeunes peuvent être aujourd’hui opérés pour vaginoplastie ; des filles peuvent subir une ablation de l’utérus et des ovaires, et pour certaines, une phalloplastie. Tous ces actes sont effectués à la demande sans consultation psychiatrique.


Les personnes qui regrettent leur transition sont rares : faux


Les personnes qui regrettent sont appelées détransitionneuses lorsqu’elles ont effectué une transition sociale et médicale. Désisteuses si elles n’ont fait qu’une transition sociale.

Les demandes de transition et celles de détransition sont beaucoup plus nombreuses chez les filles que chez les garçons. Nombre d’études montrent que ces retours à l’identité sexuée d’origine sont en augmentation : 7 à 10 % de détransitions sont observées dans l’étude du GIC. D’après les auteurs, elles sont sous-estimées et devraient encore s’accroître dans les prochaines années : selon eux, il faut au moins huit ans post traitement pour évaluer le nombre de détransitions, alors qu’ils n’ont que seize mois de recul. Des chiffres de 20 % à 30 % d’arrêt de traitement sont observés par ailleurs. Si ces comportements ne sont pas à proprement parler des détransitions, ils en sont souvent les prémices. Tout converge pour penser qu’une augmentation importante des détransitions sera observée dans les prochaines années. Le début de l’augmentation des demandes date des années 2013 tandis que l’âge moyen des détransitionneuses est un peu inférieur à 25 ans.


Le chiffre de 1 % brandi par les médecins du genre et les militants se fonde sur des études peu fiables mais il leur est utile pour laisser à penser que c’est un phénomène marginal qui ne saurait remettre en cause le protocole hormono-chirurgical actuel.


La transphobie est un délit : vrai


La transphobie est un délit puni de sanctions pénales. Les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont un délit passible de sanctions pénales : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € quand le refus discriminatoire est commis dans un lieu accueillant du public ou commis par une personne dépositaire de l’autorité publique

Toutefois, interroger ou critiquer la notion d’identité de genre n’est pas transphobe. Protéger les mineurs transidentifiés d’une médicalisation trop rapide n’est pas transphobe. Explorer le genre d’un jeune qui s’interroge sur son identité sexuée n’est pas transphobe.

Ce qui est transphobe c’est le fait de discriminer des personnes trans par le seul fait qu’elles soient des personnes trans.


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