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Lorsqu'un garçon de deux ans est éduqué comme une fille par ses parents, quelles conséquences ?

  • Photo du rédacteur: Céline MASSON
    Céline MASSON
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures

La pédiatre Hilary Cass, célèbre pour son rapport éponyme a fait une intervention remarquée à  la Chambre des Lords britannique (d'après le site https://www.transgendertrend.com/abuse-two-and-a-half-year-old-child/) à propos de l'éligibilité des enfants de onze ans à l'essai clinique des bloqueurs de puberté. Le Dr Hilary Cass a estimé qu'un essai clinique évaluant les bénéfices et les risques des médicaments destinés à retarder la puberté chez les enfants présentant un questionnement de genre permettrait de réduire les risques auxquels ces jeunes sont exposés. (voir le site https://www.bbc.com/news/articles/cvg5njnn8k8o) . Elle posait la question de savoir si cette décision relevait du médical ou du politique.  Pour cela, elle a donné un exemple éloquent.


Il s'agit d'un garçon dont les parents ont organisé une transition sociale dès l'âge de deux ans et demi. À onze ans, l'enfant vit toujours comme une fille. Il refuse désormais de fréquenter le collège, terrorisé à l'idée que son sexe biologique soit découvert. Il s'isole, ne quitte presque plus sa chambre et présente une fragilité osseuse liée à sa sédentarité.


"Je demande à la ministre si son traitement ultérieur devrait être décidé par des politiciens ou par les médecins qui la prennent en charge. »

Ce cas oblige à revenir sur la transition sociale, présentée  pendant des années, comme une intervention neutre, réversible et dénuée de conséquences. Changer de prénom, de pronoms, de vêtements ou de statut social n'aurait constitué qu'un accompagnement bienveillant, laissant toutes les portes ouvertes pour l'avenir.


Or cette représentation apparaît aujourd'hui de plus en plus difficile à soutenir.

Lorsqu'un enfant est élevé pendant près de dix ans dans la conviction qu'il appartient au sexe opposé, peut-on encore parler de réversibilité ? Une identité se construit progressivement dans les interactions quotidiennes, les paroles des adultes, le regard de l'école, des proches et des institutions. Les travaux de psychologues montrent que les jeunes enfants élaborent progressivement leur compréhension d'eux-mêmes à partir des représentations que leur transmettent les adultes de référence. Cette réalité invite à s'interroger sur les effets potentiels d'une transition sociale très précoce.

Le cas présenté par Hilary Cass soulève ainsi une question fondamentale : une transition sociale à un âge trop précoce relève t il de la maltraitance ?


Cette interrogation concerne autant les parents que les professionnels de santé, les enseignants et l'ensemble des institutions chargées de protéger l'enfance.

Elle conduit également à un examen critique des recommandations formulées au cours des quinze dernières années. Si les bénéfices et les risques des traitements médicaux sont désormais largement réévalués dans plusieurs pays, la transition sociale mérite elle aussi une évaluation scientifique rigoureuse. Aucune pratique ayant des conséquences potentiellement importantes sur le développement psychologique d'un enfant ne devrait être considérée comme allant de soi ou être soustraite au débat scientifique.


Enfin, ce cas rappelle une exigence essentielle, la prudence doit toujours prévaloir et plus encore lorsqu'il s'agit de mineurs. Le principe de précaution ne consiste pas à valider d'emblée une trajectoire identitaire, mais à préserver autant que possible l'ouverture des possibles pour l'enfant qui se construit par identifications successives tout au long de son développement.


La compassion ne devrait jamais faire ombrage à la science ni à la rationalité. Notre responsabilité est collective : elle nous oblige à faire prévaloir les connaissances scientifiques, l'évaluation clinique et l'esprit critique sur nos convictions, nos croyances ou nos engagements idéologiques.



1 commentaire


Leo Voltigeur
Leo Voltigeur
il y a 7 heures

Cet article pose une question légitime, mais il prend un raccourci problématique. À partir d’un cas clinique très particulier, il suggère une généralité sur la transition sociale précoce, jusqu’à évoquer la “maltraitance”.

Or, à la lecture des prises de position d’Hilary Cass ( lien que vous proposez), il s’agit surtout d’une approche clinique prudente, fondée sur l’évaluation des risques et des bénéfices, pas d’une preuve générale contre toute transition sociale. Dans son entretien à la BBC, Cass défend même la nécessité d’un essai clinique encadré sur les bloqueurs de puberté, en expliquant que l’absence de données solides peut elle aussi exposer les jeunes à des risques. ( avez vous lu ce passage ?)

À ma connaissance, Hilary Cass ne parle…

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