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Révélations concernant la WPATH : l'analyse de l'OPS

Par Jacques Robert

Professeur émérite de cancérologie

 

La main dans le sac


Comment manipuler les données scientifiques pour qu’elles soient conformes aux conclusions préétablies


L’OPS a pu lire des documents qui vont être révélés dans la presse prochainement.


En 2022, l’État de l’Alabama a adopté une loi interdisant les services de transition médicale pour les moins de 18 ans ; il a été rapidement poursuivi en justice par l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Lors du procès, un certain nombre de documents ont dû être produits par l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH) au tribunal à propos de leurs procédures de normes de soins n°8 (SOC8). Le mois dernier, le Tribunal de District de la Division Nord de l’Alabama a versé au dossier un certain nombre de documents concernant la façon dont les SOC8 ont été développés, en particulier les courriers électroniques et les documents échangés entre la WPATH et l’Université Johns Hopkins (JHU), qui avait été chargée d’établir des revues systématiques des travaux scientifiques concernant le changement de sexe.


Ces documents ont été rendus publics et dressent un tableau troublant : les dirigeants de la WPATH se sont donnés beaucoup de mal pour supprimer les revues systématiques de la JHU parce que leurs conclusions n’étaient pas conformes aux projets du WPATH, qui visent à recommander un large accès aux hormones et à la chirurgie pour tous ceux qui le désirent. Cette suppression des preuves a été obtenue grâce à une stratégie à deux volets : en premier lieu, la WPATH a forcé la JHU à retirer les manuscrits qui avaient été soumis pour publication car leurs conclusions n’étaient pas celles qui étaient souhaitées. Ensuite, la WPATH a mis en place une « nouvelle politique » selon laquelle WPATH devrait approuver toutes les futures publications de la JHU. Nous présentons ci-dessous les bases de cette nouvelle politique.

Cette nouvelle politique d’approbation exigeait que toutes les revues de la JHU répondent à une checklist, vérifiant que leurs conclusions contribuaient à promouvoir les interventions transgenres, que des personnes transgenres figuraient bien parmi les auteurs, etc. La WPATH a exigé d’intervenir à deux niveaux : (i) d’abord au stade de la proposition de rédaction d’une revue, qui devait approuver d’emblée (c’est-à-dire avant d’avoir été rédigée) les conclusions attendues (which had to approve the review’s anticipated conclusions) ; (ii) ensuite, au stade final du manuscrit la WPATH se réservant le droit d’en modifier le contenu. La nouvelle politique exigeait également que la publication finale indique que la WPATH n’avait eu aucune influence sur le processus et que les opinions exprimées dans la revue étaient uniquement celles des auteurs de la JHU.


Cette politique d’approbation préalable a donné lieu à un débat houleux entre la WPATH et la JHU, cette dernière protestant contre l’ingérence indue de la WPATH et affirmant sa liberté académique et sa capacité contractuelle de publier. Mais en définitive, les exigences de la WPATH ont prévalu. Une seule revue a été publiée [1]  après la mise en place de cette politique, concernant les interventions hormonales. Elle est hautement problématique : elle n’a pas évalué les dommages physiques bien que le protocole l’affirme ; et ses conclusions contredisent clairement les résultats présentés. Elle signale que la WPATH n’a eu aucun rôle dans son élaboration, recopiant mot à mot les exigences de la « nouvelle politique »…


Ces documents montrent à l’évidence que la WPATH a manipulé les preuves, ce qui endommage gravement sa crédibilité. En outre, la mention de conflits d’intérêt potentiels est soigneusement évitée, la soumission à l’activisme est niée, etc. La WPATH s’est rendue coupable de fraudes scientifiques majeures ; l’ACLU, bien involontaire­ment, a ouvert la boîte de Pandore d’où s’est échappée la vérité, maintenant connue de tous les acteurs de la prise en charge des adolescents atteints de ce syndrome d’angoisse de sexuation pubertaire (ASP). Non, l’espérance n’est pas restée au fond de la boîte : elle est au cœur de tous ceux dont l’objectif est de protéger les enfants, de les aider à se prendre en charge au cours de cette « épreuve » décisive mais incontournable de l’adolescence, et de prévenir toute décision hâtive qui les entraînerait vers un voyage sans retour.


 

Annexe

Nous donnons ci-dessous quelques phrases glanées dans ces échanges entre la WPATH et la JHU[2] :

·    Demande de la WPATH : « Si nous payons pour obtenir une revue des travaux disponibles, pourquoi ne serions-nous pas propriétaires des résultats ? »

·    Déclaration d’un chercheur de la JHU, qui refuse le contrôle le WPATH sur ses travaux : « La JHU est une institution académique et, en tant que membre de cette institution, je ne signerai rien qui limite la liberté académique. En d’autres termes, un sponsor ne peut modifier ou supprimer la publication d’un travail de recherche […]. L’équipe chargée de ces revues doit être indépendante. »

·    Déclaration de la JHU à propos des conflits d’intérêt : « Nous nous attendons à ce que de nombreux, sinon la plupart, des membres de la SOC8, aient des conflits d’intérêt. Leur prise en compte doit intervenir avant la sélection des rédacteurs des guidelines. Malheureusement, cela n’a pas été fait, et la consigne a été prise d’adhérer autant que possible aux meilleures pratiques de développement de ces guidelines. »

·    Réponse de la WPATH à cette déclaration : « Contrairement aux autres guidelines en médecine, la prise en charge des personnes transgenres est un domaine controversé socialement et politiquement, et soumis à des lois et des règlements étrangers au contrôle des auteurs, qui peuvent changer avant ou après la publication des SOC8. On ne peut répondre à la question de savoir si les auteurs sont ou seront en conflit avec les recommandations de la SOC8. »

·    Déclaration d’un des responsables de la WPATH avant une réunion interne : « Je ne voudrais pas que ces recommandations [de la SOC8] soient considérées comme insuffisantes ou inadéquates [par les chercheurs de la JHU]. »

·    Déclaration d’un responsable de la WPATH : « Ce que nous pensons, c’est que les questions sur la stigmatisation dans la communauté, sur le rôle des professionnels de la santé mentale avant les interventions médicales et les efforts de changement de genre, doivent être considérées comme des preuves indirectes (indirect evidence). »

·    Lettre de la WPATH visant à établir une « nouvelle politique » des publications de la JHU : « [nous devons] nous assurer que la publication n’affecte pas la mise en place des soins aux transgenres, dans leur sens le plus large. »

 

 

[1] Baker KE, Wilson LM, Sharma R, et al. Hormone therapy, mental health, and quality of life among transgender people: A systematic review. J Endoc Soc 2021; 5(4): bvab011. doi:10.1210/jendso/bvab011

[2] Traduction de l’auteur. Les originaux anglais sont disponibles sur demande.

1件のコメント


solievre
6月30日

Excellent rapport. C’est très grave.

Nous devons agir pour dénoncer avec tous les pays qui souhaiteraient s’associer.

Quelles sont les modalités possibles juridiquement ?

Peut-on porter plainte ?

Sonia TIMSIT

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