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Une jeune femme autiste raconte comment elle a été endoctrinée : le témoignage de Maia Poet

Photo du rédacteur: La Petite Sirène
La Petite Sirène
23 août
2 min de lecture

Il y a des témoignages qui comptent, des voix qui marquent. Maia Poet, écrivaine indépendante de 26 ans, a présenté en juillet 2025 au congrès de la Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (ESCAP), son histoire de transition et de sortie de cet univers qui la maintenait dans des croyances qu’elle a pu décrypter. Elle n’y parle pas au nom d’une cohorte ni d’une méta-analyse, mais au nom des douze années - de 12 à 24 ans - qu’elle a passées convaincue d’être née dans le mauvais corps.


Ce qui frappe d’abord dans son récit, c’est la précision avec laquelle elle décrit le point de bascule : un iPad reçu à douze ans, en 2012, et les algorithmes qui l’ont, dit-elle, engloutie dans des heures de contenus sur la transition de genre. Ce que la littérature clinique nomme parfois pudiquement « influence des pairs numériques ». Cette adolescente déjà en quête de cadres pour comprendre un monde qu’elle vivait comme confus et écrasant, a trouvé, dans le récit trans, une explication clé en main à une détresse qu’elle ne savait pas nommer.


Car c’est bien là le cœur de sa thèse, et ce qui donne à ce témoignage sa portée clinique au-delà de l’anecdote personnelle : Maia Poet se décrit comme une jeune fille autiste non diagnostiquée - trop précoce, trop verbale pour être repérée, comme le sont souvent les filles autistes. Elle avance que, pour une partie des jeunes qui lui ressemblent, la dysphorie de genre n’est pas la cause de leur souffrance mais son symptôme : la traduction, dans le langage disponible de l’époque, d’une désincarnation d’origine neurodéveloppementale, ce sentiment de discontinuité entre l’esprit et le corps qu’elle situe dans un défaut de régulation de l’intéroception et de la proprioception, fréquent chez les profils autistiques et TDAH.


Le passage le plus singulier de son intervention est sans doute celui de la guerre. Installée au Proche-Orient à vingt ans, vivant incognito au masculin dans des communautés juives et arabes où la catégorie « personne transgenre » n’existait pas socialement, c’est le bruit des sirènes d’alerte - et l’impossibilité matérielle de bander sa poitrine à temps pour rejoindre un abri - qui a précipité, dit-elle, le début de sa remise en question. Son corps de femme cessait, dans l’urgence, d’être un problème à corriger pour redevenir ce qui lui permettait de survivre. Elle en tire une formule frappante : la véritable guerre, pour elle, était celle qu’elle menait contre son propre corps.


Elle referme son intervention par un appel à distinguer la mutilation comme réponse à une déconnexion corporelle, et le travail plus lent, moins spectaculaire, mais peut-être plus adapté, de compréhension des émotions, qui permettraient à ces adolescents de se sentir enfin chez eux dans leur corps et non en guerre permanente contre celui-ci.




Traduction IA, relecture par l'OPS

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