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Papier de François Rastier - n°2

Dernière mise à jour : 1 févr.

François Rastier est membre du conseil scientifique de l'OPS. C'est un sémanticien français, docteur en linguistique et directeur de recherche au CNRS émérite.

Genre. Nom substantif masculin [hélas ! NDLR]. Dérivés verbaux : genrer, dégenrer, mégenrer.


Dans toutes les sociétés, les différences de sexe sont sémiotisées par des

conventions qui touchent le vêtement, la coiffure, les comportements. On peut

désigner l’ensemble de ces conventions par le terme de « genre » (ou gender

comme jadis dans l’Angleterre victorienne), pour éviter toute mention du sexe,

comme si le genre était un sexe assez éthéré pour paraître convenable.


Le genre serait donc le pendant culturel du sexe biologique : rien de plus banal

que cette constatation et nul besoin d’études de genre pour reconnaître son

caractère trivial — à moins qu’un autre agenda ne se profile, avec des attendus

non seulement politiques, mais aussi théologiques ou du moins superstitieux.


1/Un tournant a eu lieu quand on s’est mis à opposer le sexe au genre : au milieu

des années 1950, le psychologue John Money se spécialisa dans les patients

intersersexes et forgea la notion de « genre ». Une décennie plus tard, fondant une

Gender Identity Clinic for Transsexualism, il entreprit de « soigner » un jeune garçon

en en faisant une fille. Réduisant le sexe aux parties génitales, il négligeait que la

différence sexuelle est inscrite dans chaque cellule du corps et qu’aucune

chirurgie, aucun travestissement n’y peut rien changer(1). Le suicide de son cobaye

ne l’ébranla pas.


Ainsi la dualité entre sexe et genre devint-elle une opposition – ou du moins le

redevint, car d’anciennes croyances ésotériques les opposaient déjà. Tout ce qui

rétablit une concordance entre genre et sexe se trouve déprécié : ceux dont le

genre et le sexe concordent sont dits cisgenres, terme assez péjoratif pour que

l’élite militante évite leur contact dans les réunions, même en non mixité.

Toutefois, la notion peu définie de genre, à force d’être partout invoquée, a

perdu toute précision, ce qui ne fait qu’accélérer sa diffusion. Ainsi le terme de

genre est-il employé pour désigner indifféremment le sexe, des apparences

convenues et des rôles sociaux, enfin des préférences sexuelles. On parlera ainsi

de « violences de genre » (manifestation du collectif Nous Toutes) pour désigner

des « violences sexistes et sexuelles ». Alors que le genre n’a par principe rien de

commun avec le sexe, on emploiera l’expression « chirurgie de genre ».

On en est venu du sexe imposé au sexe choisi, d’autant plus aisément que C’est

mon choix reste un des axiomes de la société de consommation dans un capitalisme

tardif où la multiplication des segments de clientèle reste impérative.


2/ Dans sa cinquième édition, parue en 2013, le Manuel diagnostique et statistique

des troubles mentaux et des troubles psychiatriques (en anglais Diagnostic and Statistical

Manual of Mental Disorders) publié par l’Association Américaine de Psychiatrie et

reconnu comme référence internationale, confirme médicalement ce

subjectivisme définitoire : « L’identité de genre est le sentiment subjectif d’appartenir

à un sexe ; c'est-à-dire le fait de se considérer comme un homme, une femme, un

transgenre ou tout autre terme identifiant (p. ex., genderqueer, non binaire, agender

[identité de genre non normative et non-binaire]) » (je souligne). La confusion

entre mots et choses reste constante dans les discours sur le genre, car ils

s’autorisent d’une conception performative du langage, mise en oeuvre

notamment par Judith Butler : « mon identité » est définie par le terme identifiant

que j’emploie pour me désigner, ou à défaut par les pronoms que l’on se doit

d’employer pour cela(2).


Après quelques décennies de casuistique, le choix des genres est devenu

pléthorique et Facebook décline 63 identités au bon vouloir de ses usagers. Ces

distinctions se sont banalisées au point de faire l’objet de fiches officielles pour

l’enseignement secondaire, comme de recommandations du Conseil de l’Europe

ou de l’ONU. Par exemple, la fiche n°5 d’Éduscol diffusée à l’intention des

scolaires explique : « L’identité de genre fait référence à l’expérience intime et

personnelle de son genre vécue par chaque personne, au sentiment profond de

se ressentir femme ou homme. […] Le genre fait référence aux rapports sociaux

entre les femmes et les hommes basés sur l’assignation de rôles socialement

construits en fonction du sexe biologique. Ces rapports sociaux sont asymétriques

et hiérarchiques, conduisant à une répartition du pouvoir et des acquis favorable

aux hommes et désavantageuse pour les femmes. Le concept de genre fournit une

grille d’analyse et de lecture qui, dans son usage scientifique, en sciences humaines

et sociales notamment, permet une étude comparée de la situation des femmes et

des hommes d’un point de vue économique, social, culturel et politique. La

perspective de ces études est de promouvoir l’égalité des droits réels entre les

personnes » (je souligne). On voit que le genre est ici présenté comme une clé

générale, tout à la fois de la compréhension du monde social et de l’action

politique(3).


3/ Propagée par les grandes firmes de l’internet, reprise par les principales

organisations internationales, la « théorie » du genre est devenue un domaine

majeur de l’idéologie du capitalisme tardif. En Europe, le gender mainstreaming

s’impose à présent dans les universités comme dans la recherche(4). En France,

nous détaillerons plus loin comment la circulaire ministérielle du 30 septembre

2021 prescrit aux établissements scolaires d’accompagner, avec tous les

ménagements insinuants du care, la transition de genre des élèves — comme si la

transsexualité des mineurs relevait de leurs missions éducatives(5). Ainsi, tout

enfant d’âge scolaire peut-il prétendre être accompagné par l’équipe éducative

dans sa transition, imposer un nouveau prénom, choisir ses pronoms et bénéficier

d’un accès particulier aux toilettes. Personne ne pose la question de son

autonomie intellectuelle et affective, voire de son consentement à des « thérapies »

de transition — souvent irréversibles et en cela plus dommageables encore que

les « thérapies de conversion » pourtant justement pénalisées par la loi(6). En

revanche, les législateurs ont fixé à 15 ans l’âge du consentement aux relations

sexuelles. Ainsi la sexualité est-elle réglée par la loi humaine, alors que la

transsexualité semble relever de superstitions transcendantes qui lui échappent.


En raison du prestige des intérêts supérieurs du genre, l’État de droit devrait

être modifié. Un politicien, Jean-Luc Mélenchon, déclarait le 15 novembre 2021 :

« La liberté du genre, je suis pour qu’elle soit dans la Constitution […]. Nous

garantirons la liberté de changer de genre »(7).


4/ La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux

de l’Association Américaine de Psychiatrie (DSM-5) définit ainsi la dysphorie de

genre : « La dysphorie de genre est caractérisée par une identification forte et

permanente à l’autre genre associée à une anxiété, à une dépression, à une

irritabilité et, souvent, à un désir de vivre en tant que genre différent du sexe

attribué à la naissance. Les sujets qui présentent une dysphorie de genre se

croient souvent victimes d’un accident biologique et sont cruellement emprisonnées

dans un corps incompatible avec leur identité de genre subjective » (je souligne). Le

diagnostic de dysphorie est établi après des questions comme : « Ressentez-vous

un sentiment d’inconfort ou d’impropriété à propos de votre corps humain ? »(8).

D’après le DSM-5, « la forme la plus extrême de dysphorie de genre est appelée

transsexualisme ». Ce dernier terme est un reliquat des éditions antérieures, et

l’expression dysphorie de genre, sera remplacée dans l’édition suivante, en 2022,

par l’expression incongruence de genre reprise de la classification internationale des

maladies (CIM11, rédigé en 2019 ; je souligne).

La série de substitutions qui conduit du transsexualisme à la dysphorie de genre

puis à l’incongruence de genre semble révélatrice : dans la première étape on

élimine le sexe au profit du genre ; dans la seconde, ce qui pouvait paraître

subjectif dans la dysphorie disparaît au profit d’une objectivation : le sexe, non

nommé, ne correspond plus au genre ainsi objectivé, et dès lors peut être rectifié

par quelque intervention prothétique pour rétablir la congruence.

Sans être pourtant reconnue comme maladie, l’incongruence appelle

cependant des traitements médicaux voire chirurgicaux. Dument répertoriée, elle

se soigne avec l’aide de la médecine post-hippocratique : il conviendra de la traiter

par des bloqueurs hormonaux à l’époque de la puberté, puis par des chirurgies

de « réassignation sexuelle ». On sait cependant que les bloqueurs hormonaux ont

des effets irréversibles non seulement sur la croissance, mais sur le squelette et le

système vasculaire. Quant aux mutilations sexuelles, comme l’ablation des

testicules ou la mastectomie, elles sont également irréversibles, mais souvent voilées par divers euphémismes, par exemple la torsoplastie, ce qui les range dans

le domaine bienveillant de la chirurgie esthétique(9).


Bizarrement, le Conseil de l’Europe recommande l’expression chirurgie de

genre, et conseille d’éviter chirurgie de réattribution, réassignation sexuelle, chirurgie

de changement de sexe, réassignation sexuelle chirurgicale, etc. Ces laborieuses

substitutions d’euphémismes laissent toutefois entendre qu’une première

attribution a eu lieu par l’état-civil et que l’on peut réparer par la chirurgie une

catégorisation erronée(10) ; mais aussi que le but de l’idéologie du genre reste d’en

finir avec le sexe, qu’il vaut mieux ne plus nommer.

Comment alors l’âme exilée dans un corps peccant et mal sexué peut-elle

retrouver son genre, c’est-à-dire son sexe astral ?


5/ Freud mettait jadis Jung en garde contre « le sombre flot boueux de

l’occultisme ». Toutefois, Butler et d’autres penseuses ont récusé Freud et

l’occultisme s’est diffusé dans la sphère de la sexualité par le biais des

superstitions de genre.

Souvenir douloureux du genre astral, la « dysphorie de genre » témoigne de la

nostalgie de l’identité perdue. Par une chance providentielle, il reste à la créature

déchue dans la sexualité cette lueur de sa splendeur passée que les gnostiques

comparent à une étincelle : conscience soudaine d’une origine enfouie, c’est la

révélation intime du genre, lueur de l’âme exilée dans un corps. Dix-huit siècles

avant Freud, les gnostiques nommaient anamnèse ce soudain souvenir d’une vérité

désormais illuminative.

Dès lors qu’il ne correspond plus au sexe, le genre devient l’opérateur qui

permet de passer du sexe apparent ou assigné à l’identité profonde. Il assure alors

une fonction éminente de reconduction dans ce que les néoplatoniciens

nommaient le circuitus spiritualis : après la déchéance dans la chair, l’esprit peut

par ses oeuvres reconduire l’âme vers sa nature céleste ; mais la comparaison

s’arrête là, car les oeuvres de l’esprit sont à présent remplacées par la « chirurgie

de genre ».

La théorie du genre semble ainsi une gnose qui promeut la révélation intérieure

d’une vérité occultée. Spéculative, elle n’a bien entendu que faire de

méthodologie et de confirmations empiriques, puisqu’il lui suffit de multiplier les

croyants.


6/ La théorie du genre n’existe pas, répètent ses tenants qui attribuent cette

formulation à une extrême-droite qui en ferait un épouvantail. Judith Butler ellemême

déclare : « Quand on parle de “théorie du genre”, ce que les gens qui

utilisent cette expression disent, c’est qu’en fait ils ne connaissent pas ce champ

de recherches et n’ont pas envie de le connaître […]. Je pense que ce terme est le

signe […] qu’ils refusent de s’éduquer sur le champ très large et très complexe des

études de genre »(11). Mais des études sans théorie ne risquent-elles pas de se réduire

à une logomachie ? Et faute de théorie qui le définisse et lui assure la consistance

d’un concept, le genre ne serait-il pas un simple mot-clé, un signe de

reconnaissance ?

Le doute s’épaissit du moins à propos de cette notion. Il affecte en premier lieu

sa définition, car le genre se voit lié avec le sexe par un cercle jugé vertueux de

déterminations réciproques : le genre instaure le sexe qui détermine le genre.

Ainsi, pour Judith Butler, le genre « désigne l’appareil de production et

d’institution des sexes eux-mêmes »(12). Et cependant, le sexe détermine le genre :

selon Elsa Dorlin, qui fait autorité, « le concept de genre est lui-même déterminé

[...] par la polarisation sexuelle socialement organisée des corps »(13).

Même si par courtoisie nous la dirons vertueuse, cette circularité reste le propre

des langues de bois, qui s’enferment dans leurs propres renvois entre termes

indéfiniment réaffirmés mais jamais définis, comme y engage de longue date la

tradition déconstructive, depuis Heidegger jusqu’à Derrida et aux postféministes

qui s’en revendiquent, de Judith Butler à Avital Ronell ou Catherine Malabou.

L’originalité de l’idéologie du genre ne réside pas dans le constat qu’il existe

des rôles sociaux correspondant à la différence des sexes, puisque toutes les

sociétés humaines structurent les rapports d’alliance et de filiation, principes

majeurs de l’articulation entre nature et culture. Ériger cette donnée élémentaire

en concept transversal et « puissant », c’est abandonner toute distance critique et

se condamner à la tautologie. La distinction des rôles sociaux relève des constats

initiaux et ne peut être érigée en une catégorie explicative si déterminante qu’elle

transcenderait les cultures et même les spécificités des diverses sciences de la

culture.

L’idéologie du genre se résume alors à dénier l’objectivité des phénotypes (et

des génotypes) sur lesquels sont construits les catégorisations, évidemment culturelles : ainsi, la distinction des sexes, pourtant attestée par des millions

d’espèces hors de la nôtre, ne serait-elle qu’une assignation imposée par la

tyrannie patriarcale.

Ordinaire dans les croyances gnostiques et les théories complotistes qu’elles

alimentent encore à présent, le déni de réalité se présente alors comme un acte

militant. La métapolitique du genre sanctionne l’irruption d’un mythe dans

l’histoire : ceux qui reconnaissent la différence des sexes seraient les victimes

inconscientes, ou, pire, les complices d’un imaginaire qui ressemble fort à

« l’inconscient collectif » de douteuse mémoire. En revanche, ceux qui la nient se

placent du côté des « déconstruits » dans un premier temps, et des « éveillés »

(woke) dans un second ; bref des militants d’une politique incantatoire qui

consiste à nier la réalité en croyant la transformer.

À ce degré de radicalité, l’idéologie redevient mythe. La « critique » faussement

revendiquée se retourne en superstition, celle-là même qui unifie les groupes

sectaires. Instrumentalisée par des groupes militants, diffusée par des organismes

internationaux, de grands États et la plupart des géants du numérique, l’idéologie

du genre a fini par menacer le féminisme accusé d’universalisme. Elle alimente à

présent diverses superstitions qui détournent de fait le regard de toutes sortes

d’inégalités : par exemple, un cinquième des filles dans le monde se voient

contraintes à des mariages forcés, sans que les postféministes occupées à

dénoncer la transphobie ne s’en émeuvent outre mesure. Elle développe enfin

une mystique phobique de la sexualité et sert de caution à la contre-révolution

sexuelle en cours.

L’irrationnalisme et le narcissisme de masse qui l’inspirent sont ainsi en passe

de réussir une diversion majeure sur les plans politique, économique et

écologique.


N.B. — Cette notice reprend, après révisions, des extraits de François Rastier, Petite

mystique du genre, Paris, Intervalles, 2023.


  1. Pour un exposé détaillé, voir Terry Goldie, The Man Who Invented Gender, Vancouver, UBC Press, 2014, et Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle, Paris, Grasset, 2018.

  2. Cela s’impose dans l’étiquette, et par exemple Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, arbore de tels pronoms sur son profil officiel.

  3. Cela n’est pas sans conséquence sur les jeunes confrontés à l’injonction de devoir définir leur « genre » et qui se sentent dévalorisés quand ils ne peuvent pas se prévaloir du prestige LGBT+ ; voir Maroussia Dubreuil, « Je suis tellement hétéro que je n’arrive même pas à embrasser une fille, et ça me rend triste » : plongée dans les nouvelles amours adolescentes, Le Monde, 16.10.21.

  4. L’Agence Nationale pour la Recherche, dans ses appels à projet 2021, précise bien que « Le coordinateur ou la coordinatrice s’engage à considérer la dimension sexe et/ou genre dans sa recherche, et ce quel que soit le domaine, pour une production des connaissances de qualité. Cet engagement s’inscrit dans la politique de l’ANR soucieuse de contribuer à l’égalité entre les genres et à la réduction des biais de genre dans la production des savoirs » (je souligne cette précision qui intéresse aussi les sciences de la nature et de la vie, tout comme les sciences logico-formelles : la prescription de l’ANR est ainsi clairement métaphysique, puisqu’elle transcende tous les ordres de réalité correspondant aux départements scientifiques).

  5. Voici un exemple de formation continue proposée à ses personnels par l’Éducation nationale : « Les transidentités en milieu scolaire : défaire la norme cisgenre ». En ligne :

  6. Le 5 octobre 2021, l’Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une proposition de loi LREM réaffirmant l’interdiction des « thérapies de conversion ». Ces « thérapies » qui prétendent soigner l’homosexualité, considérée comme une déviance, consistent en des pressions psychologiques, accompagnées parfois d’exorcismes ou de mesures jugées disciplinaires comme le mariage. Les « médications » se réduisent à des prises d’hormones correspondant au sexe biologique. En revanche, comme la dysphorie de genre est classée par le DMS comme une maladie qui doit être prise en charge, les « thérapies de transition » sont non seulement permises, voire recommandées, mais prises en charge. Par exemple, la sécurité sociale ne rembourse guère les soins dentaires ou les lunettes, mais rembourse intégralement les chirurgies esthétiques des trans, notamment MtoF, qui veulent rectifier des oreilles trop grandes ou des mâchoires trop affirmées. La transition accomplie n’est donc pas seulement psychologique et les réseaux sociaux fourmillent d’appels aux dons pour les opérations les plus coûteuses, le budget global d’une « transition » complète étant estimé à 150.000 €.

  7. Dans plusieurs pays, comme l’Argentine ou l’Uruguay, il suffit déjà d’une simple déclaration. Pour dissuader les indécis, en Allemagne une loi récente stipule qu’on ne peut changer de genre qu’une fois par an.

  8. « [Do you have] a feeling of discomfort or inappropriateness concerning [your] human body ? » (DSM-5, op. cit.), où human body évite soigneusement toute mention de sexe, mais laisse à penser qu’il pourrait exister un autre corps, sans doute le corps astral, celui que nimbe le genre.

  9. Les interventions financées par le National Health Service anglais sont notamment les interventions hormonales (oestradiol, testostérone), la mastectomie, la chirurgie de « changement » de sexe, l’épilation du visage et l’orthophonie.

  10. Voir Beatriz Paul Preciado : « Avec “la deuxième réassignation”, dont le paradigme est la transsexualité, on passe d'un moment performatif purement linguistique à un moment performatif chirurgical : adjugée à un homme, la dénomination “femme” exige le redécoupage physique de son corps. » (Manifeste contra-sexuel, Paris, Balland, 2000, p. 94).

  11. Cf. « Combats en tous genres », Judith Butler est l’invitée des Matins :

  12. Défaire le genre, Paris, Éditions Amsterdam, 2006, p. 69. Trad. Maxime Cervulle.

  13. Voir Eléonore Lépinard et Marylène Lieber, Les théories en études de genre, Paris, La Découverte, 2020, p. 4.


 


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