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« Je ne serai jamais une femme » : Carly, le regret après quatorze ans de transition

  • Photo du rédacteur: La Petite Sirène
    La Petite Sirène
  • 9 juin
  • 9 min de lecture
Vignette de la vidéo de Carla pour toi avec Carly

Carly a 31 ans. Elle a commencé sa transition à 17 ans, l'a poursuivie pendant quatorze ans jusqu'à la vaginoplastie — opération qu'elle a immédiatement regrettée, dans la salle de réveil. Dans cet entretien avec la chaîne Carla pour toi, elle revient sur l'enchaînement qui l'y a conduite : violences familiales et homophobie scolaire, prostitution dès quatorze ans, un suivi psychologique qu'elle décrit comme inexistant, un parcours médical jamais sérieusement questionné. Elle insiste : son propos n'est ni de juger ni d'attaquer les personnes trans, mais d'alerter sur l'absence d'évaluation préalable et sur l'irréversibilité des actes posés. L'OPS reprend ici la structure et les passages-clés du témoignage, organisés en chapitres horodatés pour la navigation. Pour le verbatim intégral, voir la vidéo originale sur la chaîne de Carla.

Sommaire

1. Le cadre que pose Carla

[00:00:38] Carla pose d'emblée le cadre éditorial : ce témoignage n'est ni une attaque ni une généralisation, mais l'histoire personnelle d'une jeune femme qui a cru, à 17 ans, que changer de corps allait la sauver. Carly a poursuivi sa transition pendant quatorze ans jusqu'à la vaginoplastie — qu'elle a immédiatement regrettée.

« Ce témoignage, il n'est pas du tout là pour nier, ni juger, ni attaquer les personnes trans. Chacun mérite d'être respecté dans son identité, dans son parcours, dans sa dignité. » — Carla
« Carly, elle regrette immédiatement. Aujourd'hui, elle dit une phrase qui est terrible : elle ne pourra jamais redevenir un homme, mais elle ne sera non plus jamais une femme. » — Carla
« Qu'est-ce qu'on fait quand le corps qu'on pensait être une solution devient une prison ? » — Carla

2. Une parole encadrée, le bad buzz sur les réseaux

[00:01:44] Carly raconte sa prise de parole sur TikTok l'automne dernier — des millions de vues, des milliers d'abonnés, mais un bad buzz dans une partie de la communauté trans. Elle insiste sur le caractère non militant de sa démarche : parler de son propre parcours, en tirer des leçons pour celles et ceux qui viendront après.

« C'est juste pour parler de mon parcours et d'essayer d'en tirer des leçons pour les prochaines. Parce que je ne dis pas que toutes les personnes trans regrettent, mais il y en a. » — Carly

« Pour moi, une femme c'est une femme et une femme trans, c'est une femme trans. Et ce n'est pas du tout la même chose, et c'est très important de le stipuler. » — Carly
« C'était un compte public, mais vraiment, je partageais mon histoire à moi et ce n'était pas pro. » — Carly

3. Le réveil après la vaginoplastie : le moment du basculement

[00:04:29] Quelques heures après l'opération qu'elle attendait depuis quatorze ans, dans sa chambre d'hôpital, le voile tombe. Une infirmière l'appelle « Monsieur » dans le service trans. Quand Carly exprime son regret, une autre soignante lui répond une phrase qui restera gravée. La réaction du chirurgien : « c'est normal, c'est le stress ».

« Dans ma chambre personnelle, c'était vraiment comme un voile qui tombe. J'ai réalisé qu'en fait, peu importe ce que je faisais, je serais jamais une femme. » — Carly
« Je me souviens qu'une des infirmières me disait Monsieur, alors qu'on était dans la section trans. Je me suis dit : après toutes ces années, toutes ces chirurgies, tous ces traitements, on me dit encore Monsieur. » — Carly
« Une d'entre elles m'a dit une phrase qui m'a vraiment choqué : c'est drôle, c'est bizarre, mais elles disent tout ça au début. Au réveil. » — Carly
« Au bout d'un moment, je me dis : c'est pas grave. Quand je rentre chez moi, si je regrette encore, je me suicide. » — Carly

4. « Je ne pourrai plus devenir un homme, mais je ne serai jamais une femme »

[00:08:43] Carly récuse frontalement le discours du « retour en arrière toujours possible » qu'on entend souvent à propos des transitions médicales. À ses yeux c'est faux : chaque étape laisse une trace, et la vaginoplastie ferme définitivement la porte. Même les hormones, dit-elle, laissent toujours des séquelles.

« Moi, je voulais être une femme. Je voulais pas être une femme trans. C'est ce moment-là où j'ai réalisé qu'il y a un écart monstrueux. » — Carly
« [Cette phrase] veut dire que je suis perdu au milieu. » — Carly
« On dit souvent qu'on peut faire marche arrière. C'est faux. À partir d'une vaginoplastie, tu ne peux pas faire marche arrière. » — Carly
« Les femmes qui prennent de la testostérone, leur voix sera changée pour toujours. Leur épilation, il va falloir faire du laser. Il y a toujours des séquelles. » — Carly

5. L'enfance : violences familiales et homophobie scolaire

[00:11:43] Carly décrit une enfance marquée par les violences familiales — un père qu'elle qualifie de pervers narcissique, qui la frappe devant la directrice de l'école quand son homosexualité est révélée à 8 ans. Trois changements de collège pour échapper au harcèlement, et une directrice qui dira aux parents : « on a fait tout ce qu'on a pu, changez de collège ».

« À tout sauf une enfance. J'ai pas eu la chance de tomber dans une famille aimante et présente. J'ai eu des parents maltraitants : insultes, coups, menaces. » — Carly
« Mon père, première réaction, c'est de me taper, en fait, devant la directrice de l'école, qui dit rien. » — Carly
« Quand je suis rentré chez moi, mon père a vraiment voulu me taper. Il m'a couru après dans toute la maison, tout autour de la table. » — Carly
« J'étais juste efféminé. Et donc, du coup, j'étais le bouc émissaire. J'ai changé trois fois de collège parce que les collèges ne voulaient pas s'en occuper. » — Carly

6. Adolescence : tentatives de suicide et coming out forcé

[00:17:24] Entre 14 et 17 ans, une dizaine de tentatives de suicide aux médicaments de sa mère, sans réaction parentale. Carly révèle ensuite un détail glaçant : sa mère a préféré qu'elle transitionne plutôt qu'elle reste un homme gay — par souci, dit-elle, du regard des voisins.

« J'ai commencé mes tentatives de suicide vers mes 14 ans. J'en ai fait une bonne dizaine entre mes 14 et mes 17 ans. » — Carly
« [Avec] les médicaments de ma mère. » — Carly
« Quand je lui ai annoncé que j'allais faire une transition, vers mes 17 ans, elle m'a dit un truc du genre : ah ben, c'est mieux. Les voisins, ils vont pouvoir voir une femme. » — Carly
« En fait, j'étais plus OK avec la transition qu'avec le fait d'être gay. » — Carly

7. Le déclenchement de la transition à 17 ans

[00:20:36] Son premier petit ami, dans une France pré-influenceurs, lui parle de la transition comme d'une possibilité. Carly découvre qu'une transition complète coûte plus de 100 000 € — pris en charge à quasiment 100 % par le public au titre de l'affection longue durée (ALD).

« C'est mon premier copain qui m'a dit : écoute, regarde. Il m'a montré des reportages, des interviews. » — Carly
« J'ai décidé de m'isoler, de faire ma transition, au moins pour avoir un passing correct et ensuite reprendre ma vie. » — Carly
« Complète, complète, il y en a pour plus de 100 000 euros. » — Carly
« Quand t'es en France et que tu fais une demande d'ALD, affection longue durée, et que tu fais ça dans le public, tout est pris en charge, quasiment. » — Carly

8. Le parcours médical : un suivi psychologique défaillant, puis les hormones

[00:22:52] Le suivi psychologique pré-transition était obligatoire à l'époque (deux ans), mais Carly le juge totalement inadéquat : son psy ne connaissait rien au sujet, on parlait du beau temps. Surtout, elle révèle un mécanisme qu'elle juge alarmant — les « pitchs » partagés entre futurs candidats sur les forums pour décrocher rapidement une ordonnance d'hormones, aujourd'hui sans suivi psy obligatoire.

« J'ai fait mon suivi avec un psy qui ne connaissait rien du tout en transition. On parlait du beau temps, on parlait de tout, de rien. » — Carly
« Si j'avais eu un bon psychologue formé, il m'aurait peut-être décelé déjà ma dépression chronique, mon borderline. Déjà, ça aurait dû alerter le psychologue. » — Carly
« Aujourd'hui, mon voisin Michael, s'il veut commencer une transition, il vient. Il va avoir rendez-vous dans deux jours avec un médecin, et il aura une ordonnance d'hormone cash, direct, sans aucun rendez-vous psychologique. » — Carly
« On sait quoi dire et on se le dit : qu'on, quand on est jeune, on mettait des vêtements de filles, qu'on jouait à la Barbie, qu'on est dégoûtés par notre organe génital, que tout ça. » — Carly

9. La prostitution, l'escorting et la fétichisation des femmes trans

[00:28:44] Carly raconte une découverte précoce de la prostitution dès 14 ans, avec des hommes majeurs croisés sur des sites de rencontre — un fonctionnement que ses parents connaissaient sans intervenir, et qu'un psychiatre nommera plus tard « non-assistance à personne en danger ». Adulte, dans l'escorting (MYM puis sites d'annonces), elle décrit une clientèle aux trois quarts mariée, dont certains demandent à être maquillés et féminisés sans oser eux-mêmes commencer une transition.

« Je passais par la fenêtre de ma chambre la nuit pour aller voir des inconnus majeurs, des hommes de 30, 35, 40 ans, alors que j'en avais 14. » — Carly
« Mes parents savaient que j'allais voir des hommes de 40 ans, mariés. » — Carly
« Nous, en tant que femmes trans, on est vraiment fantasmés, fétichisés. Et moi, les hommes qui venaient me voir tremblaient devant moi. » — Carly
« La plupart [sont] mariés ? — Les trois quarts. » — Carla / Carly
« Il y en a, ils voulaient que je les maquille, que je les féminise. Sûrement des hommes qui n'osaient pas commencer leur transition. » — Carly

10. Les chirurgies en cascade, la vaginoplastie, les dilatations

[00:43:18] Les opérations s'enchaînent — féminisation faciale, BBL, rhinoplastie — dans ce que Carly décrit elle-même comme un « engrenage », pas un choix libre. La vaginoplastie, point d'orgue, suppose des dilatations à vie pour empêcher la plaie de se refermer. Quatre heures par jour au début. Carly a abandonné au bout de trois mois.

« Tu as l'impression que c'est plutôt un engrenage, plutôt qu'un choix libre ? — Complètement, complètement. » — Carla / Carly
« Celle [technique de vaginoplastie] que j'ai subie, c'est qu'ils vont transformer ton pénis en néovagin. » — Carly
« Tu dois entretenir toute ta vie avec des dilatations pour ne pas que la plaie se referme. Au début, c'est quatre fois par jour, une heure, donc quatre heures par jour. » — Carly
« J'applaudis toutes les personnes trans qui réussissent leur dilatation. Moi, je vivais ça comme un viol. C'était pas possible. » — Carly

11. Aujourd'hui : santé mentale, livre, message

[00:50:20] Aujourd'hui, un cumul de diagnostics — dépression chronique, borderline, anxiété sociale, trouble de l'identité — et cinq psy qui lui ont dit ne pas savoir quoi faire. Ce qui la tient debout, c'est l'écriture de son livre « Certaines blessures ne se referment pas », à paraître. Son message final est sans ambiguïté.

« Aujourd'hui, j'ai mes diagnostics de dépression chronique, borderline, anxiété sociale, trouble de l'identité. On dirait une liste de courses. » — Carly
« J'ai eu cinq médecins qui m'ont dit qu'ils ne savaient pas quoi faire. Cinq, psychologues et psychiatres. » — Carly
« Je ne suis pas transphobe, je ne veux pas interdire les transitions, et les personnes transheureuses, c'est super, vraiment. Juste, il faut faire attention aux autres. » — Carly
« [Mes détracteurs] ont eu peur, qu'avec mon discours de personnes qui regrettent, on leur retire des droits. Avec Trump, avec tout ça. » — Carly

Source

Livre cité par Carly : Certaines blessures ne se referment pas (en précommande — lien dans la description de la vidéo).

Note OPS — cet article reprend la structure et les passages les plus marquants du témoignage, à des fins de couverture éditoriale. Pour le verbatim intégral et le contexte audiovisuel, voir la vidéo originale sur la chaîne de Carla.

33 commentaires


Robinsonrichardsugkl
Robinsonrichardsugkl
il y a un jour

Quatorze ans de transition pour finalement dire "je ne serai jamais une femme", c'est un témoignage qui donne à réfléchir sur la pression sociale autour du genre. J'ai trouvé une ressource qui aborde justement ces questions de manière nuancée https://video-upscaler.org

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Lutfan Haryanti
Lutfan Haryanti
il y a 4 jours

Quatorze ans, c'est long pour réaliser que la transition n'était pas la bonne voie. J'ai trouvé des témoignages similaires très éclairants sur https://spheroz.com

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Leematthewicdjq
Leematthewicdjq
il y a 6 jours

Quatorze ans, c'est long pour réaliser que la transition n'était pas la bonne voie. Merci d'avoir partagé ce témoignage rare et courageux. J'ai trouvé des ressources utiles sur https://ai-picture-generator.net

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Vetshtein Robel
Vetshtein Robel
il y a 7 jours

Quatorze ans, c'est long pour réaliser que la transition n'était pas la bonne voie. J'ai trouvé des témoignages similaires très éclairants sur https://stl-viewer.org

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Vetshtein Robel
Vetshtein Robel
11 juil.

Quatorze ans après, réaliser que la transition n'a pas apporté ce qu'on espérait, ça doit être dévastateur. J'ai trouvé des témoignages similaires sur https://aiphotoonline.com

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