Le point de l'endocrinologue

LES TRAITEMENTS HORMONAUX UTILISÉS POUR LES ADOLESCENTS EN TRANSITION

Dr Nicole Athea

Gynécologue et endocrinologue

Ancienne interne et chef de clinique des Hôpitaux de Paris

Une évaluation récente du GIDS (Centre britannique de référence de la dysphorie de genre des enfants et adolescents).

Cette étude analyse 44 adolescents, 25 garçons de naissance, et 19 filles, dont la puberté était bien avancée, et qui présentaient une dysphorie de genre avérée, diagnostic porté après une évaluation de 6 mois comportant une consultation mensuelle,  s’attachant  à une évaluation psycho-sociale et somatique. L’âge moyen est de 13,6 ans.

 

Un traitement  par bloqueurs de puberté est mis en place et des évaluations régulières, tant somatiques  que psycho-sociales, sont effectuées pendant la durée du traitement (36 mois),et la dernière six mois après arrêt.

 

98% d’entre eux vont alors débuter un traitement par hormones inversées. A 6-15 mois, l’humeur est plus positive pour 49%, ce qui signifie que ce n’est pas le cas pour les 51% autres, à une période de début de traitement où l’effet placebo est toujours le plus grand.

 

Au plan psychologique et social, il n’y a ni changement dans la qualité de vie, ni modification des fonctions psychologiques, ni du degré de dysphorie, ni modification de l’image . Il n’y a pas de modification des comportements d’auto-agression (self-harm) et les idéations auto-agressives persistent. 30% à 40% des jeunes expriment une vitalité réduite. De nombreux effets secondaires sont rapportés, ainsi qu’une prise de poids fréquente.

 

Compte tenu de ces résultats, tant cette étude que celle de Turban devraient remettre en question l’utilisation des bloqueurs de puberté dans l’adolescence.

 

Carmichael P.,Butler G., et al short term of pubertal suppression in a selected cohort  of  12 to 15 year old young people with persistent gender dysphoria in the UK Plos one fevr 2021